COMPRENDRE LA CRISE AGRICOLE FRANCAISE

Le Salon International de l’Agriculture a ouvert ses portes le 27 Février 2016 en présence de Mr le Président François Hollande, chahuté par un très grand nombre de professionnels de la filière agricole qui ont souhaité exprimer leur ras-le-bol de la situation économique et sociale actuelle que vivent des milliers d’agriculteurs et leur famille.

C’est pourquoi, vos conseillers ont mené l’enquête pour mieux comprendre la crise agricole française qui persiste sur notre territoire.

Tout d’abord, revenons aux fondamentaux. Il y’a un siècle, la FRANCE comptait 10 fois plus d’agriculteurs qu’aujourd’hui. Au travers du développement économique et de l’urbanisation du territoire, la population agricole est définitivement rentrée en minorité.

L’agriculture française a donc perdu 90% de ses actifs, 1/3 des agriculteurs ont 55 ans.

Malheureusement, les agriculteurs sont de plus en plus fragiles économiquement et dépendent des aides.

De ce fait, lorsqu’ils s’installent, 30% des agriculteurs décident de développer une pluriactivité au sein de leur exploitation. Ces comportements montrent un soucis de développement mais également l’essoufflement des revenus et de la monoactivité agricole. En effet, depuis 1960, la production agricole française a été multipliée par 2 mais les prix ont été plus que divisés par 2 ! Un baisse très significative des prix qui entraîne une importante baisse des revenus. Les subventions destinées à l’agriculture représentent 15.9 Milliards d’euros, sans certaines de ces subventions, les agriculteurs ne pourraient pas subvenir à leurs besoins. En outre, les subventions liées aux mesures agro-environnementales ne représentent que 10% de la PAC.

12698483_1015060871873947_1709009946181632929_o

De ce fait, nous pouvons constater que des écarts se creusent au sein de la profession. Pendant que certains réussissent à en faire une activité rentable, d’autres se retrouvent en difficulté et croulent sous les crédits. Un constat alarmant apparaît, 16% des agriculteurs ont un  revenu inférieur au seuil de pauvreté.

Ainsi, le revenu moyen du quart des agriculteurs les plus riches est de 35 700€/an tandis qu’un quart des agriculteurs les plus pauvres ont un revenu moyen de 9600€/an.

De cet écart, trois figures d’agriculture émergent  :

  1.  L’Agriculture familiale qui demeure importante.
  2. L’Agriculture de subsistance dont les professionnels font face aux crédits et aux difficultés de la profession.
  3. L’Agriculture de firme orientée vers les distributeurs industriels.

Nous observons une crise du modèle agricole à la française qui rend très difficile la mise en place de politiques agricoles publiques.

Ainsi, voici quelques dates clés de l’agriculture en France au 20ème siècle :

  • 1960 : Loi d’orientation poussant à l’agriculture familiale moderne.
  • 1964 : La PAC instaure un  » prix de soutien « , un prix fixe minimum.
  • 1984 : Instauration des  » quotas laitiers  » contre la surproduction.

Sous l’impulsion des pays du nord de l’Europe, il a fallu libéraliser le marché du lait. D’importantes difficultés apparaissent pour les exploitants afin de faire face à cette nouvelle concurrence.

Ci-dessous, les dates clés de la libéralisation agricole :

  • 1992 : Réforme de la PAC supprimant les  » prix de soutien « 
  • 1995 : Accord de l’OMC limitant les aides agricoles
  • 2006 : Fin des aides à la production remplacées par des aides découplées
  •  2015 : Fin des quotas laitiers

12698307_1015060828540618_1132573435360730712_o

Actuellement, les marchés économiques suivent les tendances de consommation qui se tournent vers des produits issus d’une agriculture biologique et des circuits courts. Cependant, seulement 25% des exploitations pratiquent la vente en direct contre 43% en 1988.

Pour sortir des crises de l’ensemble agricole, il a fallu trouver des solutions alternatives.

A l’échelle du territoire, les circuits longs et courts s’entremêlent. En effet, les outils industriels reposent sur une pluralité des systèmes agricoles.

Pour en conclure, la fixation des prix en grande partie élaborée par les industriels, est la principale cause de l’émergence de problèmes socio-économiques vécus par des milliers de professionnels de la profession. Les prix doivent être revus à leur juste valeur et suffisamment élevés pour faire vivre l’agriculteur.

Source statistiques : INSEE, Cnasea et Agreste

10329668_1015060825207285_5354625788073164280_o


 

 

Retour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

1 × 5 =